mercredi 12 octobre 2011

Le marasme en éducation

"Je vous disais dimanche que notre réseau d'éducation était créateur de médiocrité et de mollesse. Qu'il fallait recommencer à y enseigner correctement ces choses dont les enfants auront besoin toute leur vie: lire, écrire, compter. Le Journal le confirmait encore hier. Le système d'éducation ayant pris des allures de garderie, les employeurs en sont réduits à prendre la relève pour les choses élémentaires qu'on n'apprend plus à l'école: «Des employés du ministère des Transports ont dû suivre des formations visant à parfaire leurs connaissances de la langue française. Pour certains, la qualité du français écrit est tellement déficiente que les rapports d'inspection sont incompréhensibles.» Les cas de ce genre se multiplient dans tous les domaines. On engage des gens pour faire un travail, alors qu'ils ne maîtrisent pas les connaissances de base dont ils auront besoin pour s'acquitter de leurs responsabilités. Ce qu'il faut blâmer avant tout, ce ne sont pas les employeurs qui doivent composer avec les candidats disponibles et essaient de corriger le problème. Ce ne sont pas les employés non plus qui seront les premiers à souffrir de leur incapacité à faire leur travail. Ce qu'il faut blâmer, c'est nous tous. Ce Québec qui compromet son avenir et celui de ses enfants en tolérant ce laxisme et ce manque de rigueur. L'ineffable ministère de l'Éducation ressortira bien sûr ses beaux taux de diplomation. Parlons-en donc, de ces taux de diplomation ! Deux facteurs s'additionnent ici pour créer le pire de deux mondes." Suite de la chronique de Christian Dufour parue dans Le Journal de Montréal.

1 commentaire:

Jonathan Livingston a dit…

Bingo!

Enfin quelqu'un dans les médias qui nomme le grand drame en éducation au Québec.

Voilà longtemps que je le répète: nos programmes sont trop ambitieux sur papier et on perd notre temps à faire atteindre des objectifs inaccessibles pour l'âge des enfants et des adolescents dans la plupart des programmes au lieu de leur faire travailler les savoirs de base avec consistance. Nos évaluations sont conséquemment incohérentes et on nous a donné toute latitude à ce sujet avec les évaluations « professionnelles» de la réforme et les notes bilans. Et le Mels en tête de locomotive fait pire que ces enseignants spécialistes de matière plus «pros» en évaluation puisque, selon les résultats publiés en automne 2010, les taux globaux de réussites passent d'autour de 60% en 5e année et 2e secondaire à 79% en sec.5, alors que les notes du critère de l'orthographe se maintiennent désespérément autour de 50 %. Bref, les correcteurs du Mels (des jeunes universitaires à contrat probablement rémunérés à la pièce) forcent la note de l'examen final de français sur les critères de la qualité du texte pour éviter de justifier les élèves recalés devant des comités.

Si nous étions plus fermes sur des objectifs plus accessibles, nos jeunes auraient au moins une formation de base capables de répondre au besoin des emplois d'aujourd'hui ou les bases pour poursuivre leurs études sans toujours devoir s'inscrire à des cours de rattrapage.

Il faudra sortir un jour de l'éducation «tape-à-l'oeil» et ce n'est pas en tapant sur les acteurs comme CAQuette les poules mal informées, mais en revoyant globalement les directives et la stratégie globale qui, pour le moment, nous empêchent d'enseigner l'essentiel.