dimanche 27 novembre 2011

Décrochages

"Vous avez toujours été du côté de ceux qui croient à la suite du monde. Vous n'avez pas douté une seule fois qu'il y en ait une, suite, mais sous quelle forme? Ah! Ne pas le savoir, c'est justement ça qui met du piquant dans la vie. Et puis, vous tombez sur le collectif Plaidoyer pour l'enseignement d'une littérature nationale, dans lequel vous apprenez qu'il n'existe pratiquement plus de romans québécois dans les listes de lectures scolaires déjà faméliques. Que les professeurs de français sont beaucoup plus formés à la pédagogie qu'à la littérature. Qu'ils doivent subir des règles absurdes du Ministère qui exigent des ratios égalitaires entre personnages masculins et féminins ainsi que des communautés ethniques, ce qui exclut d'office la plupart des classiques de n'importe quelle littérature." Suite de la chronique de Chantal Guy de La Presse.

1 commentaire:

Marie D. a dit…

L’essayer c’est l’adopter!

Dans le contexte de la classe, une diversité croissante occupe ses rangs : jeunes en difficultés d’apprentissage, nouveaux arrivants, doubleurs, etc. Intéresser nos élèves à la lecture devient alors un véritable défi. Dans un premier temps, bravo aux écoles qui en font leur cheval de bataille toutes matières confondues en instaurant les quinze minutes de lecture obligatoire par jour durant lesquelles on invite les jeunes à tout simplement arrêter le temps afin qu’ils se plongent dans cet univers. De surcroît, félicitations à ceux qui poussent plus loin en précisant qu’importe le type de lecture choisie (roman, revue, bande dessinée, etc.), en autant qu’ils lisent. En tant qu’enseignante, lors de ces moments, je m’entends contrevenir aux sacrés droits imprescriptibles du lecteur selon Pennac en disant de façon impérative lorsqu’un de mes jeunes ne s’y applique pas : « Lis! Il faut que tu lises! » Cependant, cette façon de procéder fonctionne : la plupart ne veulent plus retirer leur nez des pages parcourues au bout du temps prescrit! Ceci me porte donc à croire que le véritable problème n’est pas le désintérêt de la nouvelle génération pour la lecture ni même ses choix de livres, mais l’exemple qu’on lui donne à cet effet et la place que l’on laisse à cette activité dans notre système d’éducation. Je pense aussi qu’on sous-estime nos jeunes en terme de culture, tel un enfant à qui l’on ose présenter du brocoli parce qu’il risque de ne pas aimer cet aliment. Il faut donc, à mon avis, les ouvrir à ce qui s’est écrit, à ce qui a traversé le temps et à ce qui raconte en fait l’histoire de notre société. Oser les mettre en contact avec notre littérature, leur en suggérer des œuvres, en lire des passages marquants à haute voix même si cela ne risque d’en accrocher ne serait-ce qu’un seul, voilà ce qui manque également au projet éducatif de nos écoles concernant la politique de la lecture quotidienne obligatoire. Parce que, comme pour l’enfant à qui l’on tente de faire manger de nouveaux aliments, si personne ne lui en fait goûter, comment peut-il les apprécier? Chantal Guy a donc tout à fait raison lorsqu’elle dit que nous devons prêcher par l’exemple et parler de nos lectures!