jeudi 15 décembre 2011

La CSQ invite la population à se méfier de Legault

"La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) invite la population à se méfier de François Legault, «l'homme de Péladeau», millionnaire et hostile aux droits des travailleurs. L'union de la Coalition avenir Québec (CAQ) et de l'Action démocratique (ADQ) a dissipé les derniers doutes sur l'orientation idéologique de l'ancien ministre péquiste, a soutenu mercredi le président de la centrale, Réjean Parent. «Nous autres, on a toujours pensé que le plan de M. Legault était un plan de droite comme le démontrent les éléments empruntés du modèle américain qu'il veut appliquer à l'éducation. L'alliance avec l'ADQ vient consacrer cette orientation à droite», a dit le leader syndical au cours d'un entretien avec La Presse Canadienne." Suite de l'article de Martin Ouellet de la presse canadienne et source de la photo.

1 commentaire:

Jean-Bernard Carrier a dit…

Lorsque j’ai entendu parler des idées de François Legault sur l’éducation, j’ai tout de suite trouvé très intéressant sa volonté de « revaloriser l’éducation en général et la profession enseignante » en améliorant la formation des enseignants et en haussant leur salaire de 20 % dans le but d’attirer les « meilleurs talents » et d’attribuer « une reconnaissance à la mesure des efforts de ces enseignants ». En tant qu’enseignant j’étais quelque peu soulagé et très motivé de voir un chef politique s’intéresser de près à la reconnaissance de notre profession et à nos conditions de travail. Toutefois, la CSQ crois que cette valorisation de la profession aura un prix. Des rumeurs circulent comme de quoi il y aurait un « salaire au mérite ». Est-ce que procurer « une reconnaissance à la mesure de leurs efforts » est nécessairement un salaire au mérite? Le plan d’action de la coalition ne spécifie rien de tel.

Ce plan d’action précise que « le droit à une éducation de qualité exige d’évaluer le travail des enseignants. L’objectif de cette mesure n’est pas de lier le salaire à un quelconque indice de performance, de congédier des enseignants ou de menacer leur sécurité d’emploi. Il s’agit plutôt de soutenir ceux qui seraient en difficulté, puis d’identifier et de partager les meilleures pratiques afin de s’assurer que tous les élèves reçoivent le meilleur enseignement possible. Cette mesure serait appliquée de manière souple et graduelle. Une formation adéquate des directions d’école devra d’abord être assurée. Des mécanismes spécifiques pourraient être mis en place pour éviter toute forme d’arbitraire dans les cas exceptionnels de congédiement. »

CAQ, Agir pour l’avenir, Plan d’action, 14 novembre 2011, http://coalitionavenir.org/medias/Plan_daction_coalition.pdf

La loi sur l’instruction publique prévoit déjà que les commissions scolaires sont responsables de la supervision des enseignants, ce qui permet entre autres, d’assurer la qualité de l’enseignement. Si la CAQ propose d’évaluer le travail des enseignants, tout porte à croire que les supervisions actuelles ne sont pas très courantes ou n’ont pas les effets escomptés. On peut aussi penser que le terme « évaluer » tel que mentionné dans le plan d’action devrait être défini. Qui est-ce qui évaluera le travail des enseignants? Cette évaluation permettra-t-elle de mettre en place des moyens afin que les enseignants puissent se développer professionnellement? Personnellement, qu’elles soient fait par le biais de supervisions pédagogiques ou par l’évaluation, je crois que des mesures de contrôle doivent être en place dans les établissements d’enseignement afin que le système d’éducation soit le plus efficace possible et afin que les enseignants puissent bénéficier d’un accompagnement lorsqu’ils en ont besoin. La proposition de la CAQ semble donc à première vue intéressante. Tout dépend de la manière dont elle serait mise en place.

Les craintes des centrales syndicales ne sont peut-être pas fondées, mais elles ont leur raison d’être quand on regarde la « nouvelle manière de faire de la politique » de la Coalition… car après tout, M. Legault et les anciens dirigeants de l’ADQ ne jouent-ils pas le traditionnel jeu de la politique québécoise en tentant d’être le plus opportuniste possible et de remporter les prochaines élections en réunissant un électorat qui « se fout » des idées, mais qui veut du changement?