samedi 3 décembre 2011

Rapport sur les performances scolaires : la gestion spontanée des résultats

"(...) Comme elles convergent sur le plan des résultats, les dernières grandes enquêtes (PISA, OCDE, etc.) gagnent en crédibilité, croit pour sa part Jean Bernatchez, professeur à l'Université du Québec à Rimouski et spécialiste de l'administration et des politiques scolaires. «Quand on a une série d'études qui reposent sur plusieurs indicateurs différents, ça ajoute en crédibilité. Les sources sont nombreuses et indépendantes, on peut penser que c'est bien fait», avance-t-il. Le hic, c'est que, comme d'autres événements de l'actualité qui sont de véritables bombes médiatiques (une entorse à la loi 101 ou le taux d'échec élevé des futurs enseignants à l'examen de français), ces grandes enquêtes commandent souvent une réaction politique instantanée. Là où il y a un potentiel explosif dans l'opinion publique, la mesure d'apaisement n'est jamais très loin. «Il se passe quelque chose et on cherche à réagir tout de suite. On n'a pas évalué toutes les hypothèses et on arrive avec des solutions qui découlent du sens commun, sans regarder la recherche. C'est une gestion action-réaction, croit Jean Bernatchez. Ce n'est pas indépendant de la tendance vers le nouveau management public, qui préconise une gestion axée sur les résultats.» (...) La réponse prompte de la ministre Beauchamp aux propositions des syndicats en a surpris plus d'un. «On ne peut pas reprocher à la ministre d'écouter ce que les gens de terrain ont à dire, sauf que, dans cette perspective, la CSQ est un syndicat qui vise à protéger ses membres alors qu'à l'Association des professeurs de français, par exemple, ce sont des gens de contenu. Je pense que ce qu'ils ont à dire a plus de poids qu'un syndicat corporatif», soutient M. Bernatchez. Selon lui, ce phénomène, qui s'explique par les diverses pressions subies par la classe politique, est relativement nouveau. «Si on regardait les dernières décennies, la plupart des ministres et des sous-ministres en titre avaient une vision. [Ces derniers] étaient inévitablement des spécialistes de leur domaine, analyse le professeur. Aujourd'hui, si on regarde la composition du ministère, les sous-ministres sont bien souvent des gestionnaires de carrière qui vont veiller à ce que les budgets soient respectés et gérer en fonction des résultats. [...] De sorte que la plupart des ministres sont influencés par une crise ou différents lobbys, peu importe lesquels.»" Suite de l'article de Lisa-Marie Gervais du Devoir.

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