dimanche 15 janvier 2012

Profession : sociologue

La collection Profession des Presses de l’Université de Montréal propose de courts ouvrages qui cernent le rôle dans la Cité des intellectuels et des universitaires. J’ai lu celui sur la profession de sociologue, écrit par Marcel Fournier, élève de Bourdieu, aussi spécialiste de Mauss et de Durkheim. Il y parle de la sociologie sous les angles de la discipline, du métier et de la profession, cette dernière partie étant consacrée à des témoignages de sociologues oeuvrant dans différents secteurs. Sur le plan de la discipline, la sociologie est l’étude des êtres humains vivant en groupes sociaux. La tâche du sociologue consiste à dire les choses du monde social, un monde constitué à la fois de la société, de la vie en société et des gens. Il y a en sociologie «un parti pris pour tout ce qui est de l’ordre de l’associatif et du mouvement social, pour tout ce qui vient d’en bas (les gens) et qui traduit la capacité de mobilisation et d’auto-organisation des acteurs et des collectivités» (p. 15-16). Comme politologue, j’ai l’impression que les sciences politiques concernent plutôt ce qui vient d’en haut (l’État). Marcel Fournier s’est intéressé à la sociologie de l’éducation, un champ qui émerge dans les années 1970, en publiant notamment en 1980 Entre l’école et l’usine. La formation professionnelle des jeunes travailleurs. Sur le plan du métier, la sociologie est une activité professionnelle qui demande une solide maîtrise des méthodes, concepts et théories et une grande capacité d’autoréflexivité et de vigilance épistémologique. Le travail du sociologue exige de regarder, d’écouter, de lire, de mesurer et de communiquer. «Être à l’écoute, (…) c’est parler avec les gens, entendre ce qu’ils disent, comprendre les significations qu’ils donnent à leurs actions» (p. 32). L’objectivité et le pragmatisme sont des atouts pour le sociologue expert, mais la critique, voire l’indignation, caractérise le travail du sociologue engagé.

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