mercredi 29 février 2012

Étudiants : la bourse et la vie

"L’une des rares personnes que j’ai littéralement désiré torturer dans ma vie était un commissaire scolaire. Il osait prétendre que les cours d’histoire ou de géographie n’étaient pas utiles, parce que l’école, ça devait « servir apprendre à lire et à compter. » La pensée mal dégrossie de ce personnage stigmatise pourtant une vision maintenant largement partagée de l’éducation. L’enseignement, du primaire à l’université, doit être utile. On doit préparer notre belle jeunesse à « faire face aux nouveaux défis du marché du travail. » Une des conséquences de cet utilitarisme simpliste – généralisé dans le débat politique contemporain – est de valoriser l’éducation d’abord par ses impacts économiques. Les étudiants présentement en grève sont coincés dans cette logique comptable du calcul avantage-coût: à leurs détracteurs qui estiment qu’un diplôme universitaire est un « bon investissement » (puisqu’il rapportera davantage dans le futur par un salaire plus élevé), ils répondent par une série d’analyses financières et économiques (cf. ce billet de Simon Crépault, étudiant en droit, qui circule abondamment depuis le début de la grève). Et ça se termine sur des arguments débiles où l’on considère qu’il suffit que les étudiants « coupent une ou deux bières » par semaine pour absorber la hausse imposée." Suite du billet de Ianik Marcil de Voir.

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