vendredi 5 octobre 2012

Enseigner : faire oeuvre d’humanisation

"Il est 15 h 25. À l’exception de ceux qui sont inscrits à un cours de cirque et qui s’activent au gymnase, les élèves viennent de quitter l’école. Je suis assis à mon bureau dans ma classe et je regarde par les fenêtres; la vue est magnifique. Mes fenêtres donnent sur des montagnes couvertes d’arbres et, à cette époque-ci de l’année, le coloris du paysage est proprement miraculeux. Les fins de journée d’école ont toujours été pour moi un moment de recueillement. Prendre quelques minutes pour repasser en moi-même le déroulement de la journée et tenter, autant que faire se peut, d’en tirer des observations utiles sur les complexités de l’âme enfantine et sur notre difficulté à la saisir m’est toujours apparu comme étant un exercice nécessaire pour la suite des choses. Je ne suis pas de ceux qui se contentent sans rechigner des catégorisations d’élèves ou des explications sociologiques ou psychologiques toutes faites qui circulent un peu trop à mon goût dans les milieux scolaires. Par exemple, qualifier de kinesthésique un enfant incapable d’arrêter de bouger ou de dyslexique un autre ayant des difficultés de lecture n’explique en rien l’origine et les raisons profondes de ces problèmes. À mon avis, ce qui fait que de nombreux enseignants et enseignantes en sont arrivés à se contenter de telles réponses, pourtant insignifiantes, c’est que, depuis quelques années, les patrons de l’éducation (le ministère, les commissions scolaires et les directeurs d’établissement) errent dangereusement en leur imposant un mode de fonctionnement et d’évaluation appelé la gestion axée sur les résultats." Suite de la lettre d'opinion d'Éric Cornellier parue dans Le Devoir.

Aucun commentaire: