mardi 5 mars 2013

L'anglais intensif en 6e année

"C’était en 1968, au temps de la crise linguistique de St-Léonard. L’enjeu portait sur l’apprentissage de l’anglais par les fils et les fils d’immigrants italiens. La commission scolaire de cette ancienne municipalité avait instauré des écoles bilingues au primaire pour les garder au secteur français. Mais les élèves passaient pratiquement tous en anglais au secondaire. La commission scolaire décida d’abolir ces écoles bilingues, d’où la crise. De leur côté, plusieurs parents d’élèves canadiens-français (on parlait à peine des Québécois, à cette époque) choisissaient aussi d’inscrire leurs enfants à l’école anglaise. Mais tous réclamaient un meilleur enseignement de l’anglais  dans les écoles françaises.
À l’époque, l’Algérien Albert Memmi avait montré dans son Portrait d’un colonisé que le bilinguisme institutionnel était le fait du colonisé, le colon n’ayant que faire d’apprendre la langue de ce dernier. Bien des Québécois se reconnurent dans cette analyse. Dès lors, l’apprentissage de l’anglais devint le symbole de la domination anglophone. Le malaise, pour ne pas dire plus, persista et persiste encore. Il existe toujours une tension, je dirais structurelle, au sein des francophones, entre, disons, les pragmatiques et ceux désireux d’en finir avec le colonialisme intérieur." Suite du billet de Jean-Pierre Proulx paru dans ses carnets.

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