jeudi 18 avril 2013

Le poison de la cyberintimidation

"L'histoire horrible de Rehtaeh Parsons, cette jeune fille de 17 ans qui s'est suicidée après avoir été violée puis intimidée à répétition sur les réseaux sociaux, fait parler à travers le pays depuis une semaine. Cette tragédie n'est pas sans rappeler le viol collectif de Steubenville, aux États-Unis, où les images de la jeune victime ont circulé un peu partout sur YouTube, Instagram et Facebook. Dans les deux cas, les mêmes ingrédients: des jeunes hommes délinquants, une victime isolée et la toxicité des réseaux sociaux derrière lesquels les agresseurs se cachent lâchement pour harceler les plus faibles jusqu'à les mener à bout. Bien sûr, les réseaux sociaux ne sont pas les seuls responsables - pensons au travail bâclé de la police, à l'indifférence de la communauté, à l'attitude toujours aussi sexiste à l'endroit des victimes de viol. Mais ce serait jouer à l'autruche que de ne pas faire face au problème de la cyberintimidation. Comme le disait la sexologue Jocelyne Robert au Téléjournal Midi vendredi dernier: «Ce n'est plus anecdotique. Je peux vous nommer plusieurs cas récents. Et que dire des victimes qui ne parlent pas.» La cyberintimidation est un véritable cancer, en particulier dans les écoles." Suite de la chronique de Nathalie Collard de La Presse et source de la photo.

1 commentaire:

Lara a dit…

Cet article de Nathalie Collard me touche beaucoup. Ce qui est arrivé à la jeune Rehtaeh Parsons est tout simplement horrible et son décès témoigne de toute la détresse et de toute l’humiliation qu’elle a dû subir pour en venir à vouloir mettre fin à ses jours. Le fait d’avoir été violée était déjà une blessure assez grande sans qu’elle ait à subir toute cette intimidation via les réseaux sociaux. Pour arriver à poser de tels gestes de violence, ses agresseurs ont sans aucun doute de graves problèmes de santé mentale. Aurait-on pu empêcher ces êtres ignobles de passer à l’acte? Malheureusement, je ne crois pas. Les forces policières auraient-elles pu intervenir plus rapidement? Je ne sais pas.
Il ne faut pas se le cacher, la cyberintimidation est devenue en très peu de temps, un véritable fléau. C’est maintenant un véritable problème de société. Les forces policières sont elles-mêmes dépassées par cette nouvelle réalité. Pour qu’elles puissent intervenir efficacement, des lois doivent leur donner ce pouvoir et cela peut prendre des mois et même des années. Sans oublier, que du personnel spécialisé doit aussi être formé.
Les écoles luttent depuis quelques années contre ce nouveau fléau. Les codes de vie des écoles ont été modifiés et plus récemment au Québec, la Loi 56 est venu poser des balises pour lutter contre la violence et l’intimidation dans les écoles. De la prévention est déjà faite auprès des élèves et de l’information leur est transmise à ce sujet. Cependant, malgré tout le travail qui se fait dans les écoles, l’école ne peut à elle seule lutter contre la cyberintimidation. Les parents ont une responsabilité énorme qui leur incombe. Ces derniers achètent des ordinateurs, des cellulaires et autres appareils électronique à leur enfant, mais ce que je constate comme direction d’école, c’est qu’un suivi de l’utilisation de ces appareils faite par leur progéniture n’est pas toujours fait. Comment se fait-il que des élèves du primaire ont des comptes Facebook alors que pour ouvrir un compte un jeune doit avoir 14 ans? Combien de parents ont accès au compte Facebook de leur enfant et le vérifient régulièrement?
Finalement, il ne faudrait pas oublier que la cyberintimidation n’est pas propre aux enfants et adolescents. Des parents utilisent les réseaux sociaux pour régler leur compte et sont eux-mêmes des intimidateurs. Belle exemple pour la jeunesse…
En conclusion, l’école, la famille et la communauté n’ont d’autre choix que de travailler ensemble pour assurer la sécurité de nos jeunes et éviter que d’autres Rehtaeh Parsons soient victimes de cette cruelle cyberintimidation.