vendredi 19 avril 2013

L’université est colonisée

"Sur sa tombe, Thomas Jefferson a fait inscrire trois motifs de fierté: la rédaction de déclaration d’indépendance des États-Unis, les statuts de la Virginie séparant les institutions publiques de toute religion et la paternité de l’Université de Virginie. Un grand homme d’État pouvait ainsi tirer une gloire légitime du fait d’avoir fondé une université et de l’avoir conçue à l’image de l’ordre politique : indépendante des intérêts coloniaux, c’est-à-dire économiques. Qu’en est-il aujourd’hui de cette idée d’une université au service de citoyens libres et égaux? Un gros animal soumis aux visées économiques les plus stérilisantes, plus intéressé par la production de compétences à jeter sur le marché le plus vite possible que préoccupé par l’éducation : des savoir-faire plus que des savoir-être. L’université est colonisée, non par un État lointain, mais par une idéologie d’autant plus sournoise que nous avons été collectivement persuadés qu’elle est la seule possible. Pourquoi le croyons-nous? Par un réflexe conditionné : la peur d’être jeté sur ce marché sans les moyens pour y survivre et la soumission à des logiques qui semblent incontournables." Suite de la lettre d'opinion signée par un collectif et publié dans le Devoir. Source de la photo de Thomas Jefferson.

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