mercredi 24 avril 2013

Repensons la formation des enseignants

"Si récemment, les actualités ont été meublées par le débat entourant le Sommet sur l’éducation supérieure et la hausse des droits de scolarité proposée par le gouvernement péquiste, certains sujets semblent malheureusement avoir été esquivés dans ce qui devait s’avérer un grand débat sur l’avenir de l’éducation supérieure au Québec. La formation desdits enseignants aurait dû faire partie des discussions. Étant enseignant de formation, plusieurs exemples de lacunes profondes du système me viennent lorsque je pense à la formation initiale que j’ai reçue. D’abord, il n’est pas rare d’entendre de jeunes enseignants partager leur grande déception par rapport à la formation universitaire qui leur a été donnée. Souvent, si ce n’était des stages pratiques qui sont offerts au cours de la formation, plusieurs finissants ne seraient tout simplement pas en mesure d’enseigner. Et ce, même après avoir suivi une panoplie de cours devant les aider à se préparer pour une carrière future. Malgré tout, dans plusieurs cas, les jeunes enseignants ne sont tout simplement pas prêts à se retrouver devant une classe. Certains l’ont d’ailleurs appris à la dure." Suite de la lettre d'opinion de Jerry Beaudoin parue dans Le Devoir.

2 commentaires:

Emgag a dit…

Cet article me réjouit! Dans les mots de Jerry Beaudoin j’ai trouvé des propos qui coïncident avec ma propre pensée. De prime abord, je tiens à dire que je suis tout à fait en accord avec son opinion sur le stage : il est la clef de voûte de la formation en enseignement, alors que ce devrait plutôt être les cours qui sont donnés aux étudiants. Cela vient aussi (malheureusement) renforcer l’idée que l’enseignement est une vocation, car si à la base les aptitudes nécessaires à exercer le métier ne sont pas présentes, jamais nous ne pourrons réellement les acquérir.
Par ailleurs, améliorer le cursus donnerait aussi plus de crédibilité au métier et peut-être serait-il ainsi plus respecter de la population. Les gens arrêteraient de se dire spécialistes et de semer à tous vents des conseils saugrenus.
Imposer des formations obligatoires en cours de métier et même dans les autres champs de formation, question que les enseignants soient à jour avec ce qui se fait dans les classes de leurs collègues, me semble tout aussi pertinent. Par exemple, cela pourrait éviter qu’un enseignant corrige des erreurs à un élève par ignorance alors que ce dernier utilisait la nouvelle orthographe et que c’était dans son droit. Encore ici il en va de la crédibilité du métier. Et ces formations devraient être offertes par des spécialistes de l’éducation, comme des professeurs d’université, plutôt que par des conférenciers dénichés je ne sais trop où.
Finalement, comme c’est indiqué en conclusion de la lettre de Monsieur Beaudouin, les jeunes sortiront gagnants de cette situation et les enseignants eux-mêmes. En effet, n’est-il pas paradoxal que ceux qui font apprendre jour après jour se refusent à apprendre à leur tour une fois leur diplôme en poche?

Lani a dit…

Depuis quelques années je dois évaluer le personnel enseignant. Je constate que plusieurs jeunes enseignants possèdent les compétences recherchées en éducation. Ceux-ci auront fait preuve de débrouillardise durant leur formation universitaire. La plupart des jeunes enseignants éprouvent le désir d'évoluer dans leurs pratiques pédagogiques afin de favoriser la réussite des élèves. Malheureusement, ils ne sont pas tous prêts à enseigner et certains ne le seront jamais. À ce niveau, je critique les stages où les maîtres-associés devraient être mieux sélectionnés car plusieurs d'entre eux sont incapables d'évaluer de façon juste la capacité des étudiants à offrir un enseignement de qualité aux élèves. Certains maîtres entretiennent même des liens plus ou moins étroits avec les étudiants. La crédibilité de leurs évaluations me questionne. Pourtant, les mauvais étudiants vont nuire à leur profession et à plusieurs élèves.
Aussi, je me demande si les étudiants sont suffisamment sensibilisés quant aux compétences qu'ils devront maîtriser pour exercer le métier d'enseignant. Comment se peut-il que lorsque je propose aux enseignants de les évaluer sur les 12 compétences à maîtriser en enseignement, ces derniers éprouvent d'importantes difficultés à répondre à mes questionnements comme si les critères d'évaluation sortaient de nulle part? Pourtant, cela aurait du être vu en cours de formation. Chaque compétence aurait du être approfondie . Les maîtres-associés auraient du en valider l'acquisition lors des stages.
Enfin, les recherches en éducation nous amènent à changer nos pratiques pédagogiques et c'est pour le mieux. Nous avons tendance à croire que les jeunes étudiants sont à jour par rapport à ces pratiques. Malheureusement, j'observe à chaque jour que ce n'est pas le cas. La solution est-elle de former les enseignants une fois qu'ils sont déjà en poste?