vendredi 30 août 2013

Manuels scolaires

"D’un côté, un manuel de sciences économiques et sociales (SES) vendu en 2011. Quel que soit l’éditeur — ils sont sept à l’heure actuelle —, il frappe par ses couleurs chatoyantes. Ici la photographie d’un boulanger, là le logo d’une marque connue… Les images et dessins abondent et donnent à l’ensemble un abord engageant. Les textes, extraits d’ouvrages de référence ou reproductions d’articles de presse, sont courts. A l’évidence, l’ensemble se veut pratique, didactique et surtout guilleret. De l’autre, un second manuel, épais d’environ mille trois cents pages, en six volumes : trois pour le cours, trois pour les documents. Quelques photographies, de rares schémas, parfois des graphiques, et surtout, de (très) longues citations d’ouvrages de référence. Il s’agit du manuel Dunod, typique de ceux qui étaient en usage dans les années 1970." Suite de l'article de Sylvain Leder du Monde diplomatique.

"Tel que nous le concevons aujourd’hui, le manuel scolaire apparaît au début du XIXe siècle, au moment où les Etats européens s’emploient à diffuser l’instruction par le biais de l’école. Jusque-là, les livres utilisés pour l’étude n’étaient pas expressément pensés à cet effet. Et les citoyens n’étaient pas formés sur les bancs de la salle de classe, mais sur ceux de l’église. Catéchismes, ouvrages pieux et tous ces recueils disponibles sans coût supplémentaire ont donc offert à des élèves plus ou moins jeunes un moyen d’accéder aux mystères de la lecture et de l’écriture. Un manuel est explicitement pensé pour un usage scolaire, donc pour être utilisé en classe, avec l’aide directe ou indirecte d’un enseignant. Cet usage oblige l’auteur à tenir compte du caractère progressif de l’apprentissage, ainsi que des différences d’âge et de capacités cognitives des élèves. A l’inverse, le livre d’instruction s’adressait à un public indifférencié." Suite de l'article de Paolo Bianchini du Monde diplomatique.

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