samedi 21 septembre 2013

L’État a-t-il vraiment fait progresser l’éducation au Québec ?

"(...) Cette rhétorique décrit la Révolution tranquille comme le début d’un âge d’or qui aurait permis au Québec de cesser d’être le cancre du Canada. Récemment, un chercheur de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) illustrait bien cette croyance en affirmant qu’à la fin des années 1950, «le Québec était sous-éduqué, avec des taux incomparables avec les autres provinces canadiennes», et que depuis les années 1960, l’accessibilité à l’école postsecondaire n’a cessé d’augmenter au Québec. Selon cette perspective, les vastes progrès de la Révolution tranquille contrastent avec la période l’ayant précédée, qu’on a qualifiée de Grande Noirceur (1945-1960). Par opposition avec l’obscurantisme et le laisser-faire de la Grande Noirceur, l’État interventionniste mis en place pendant la Révolution tranquille aurait permis au Québec de rattraper son retard et d’entrer dans la modernité. Est-il vrai, toutefois, que le Québec était si en retard sur le plan éducationnel par rapport au reste du pays, avant 1960, et qu’il n’a rattrapé ce retard que grâce aux nombreuses interventions de l’État pendant la Révolution tranquille?" Suite du texte de Vincent Geloso paru dans Le Devoir.

1 commentaire:

Monsieur Patate a dit…

Ce texte est fort intéressant. La plupart du temps, on nous présente l'éducation au Québec comme ayant commencé d'exister après le rapport parent. On comprend que cela est peut-être dû au fait que l'éducation, après la réforme des années 60, représente symboliquement la réappropriation de l'école par le peuple québécois. Mais malgré tout, lorsqu'on entend parler de l'éducation avant les années 60, c'est comme s’il n'y en avait pas ou comme si le système était vraiment inefficace et déficient. (C'est mon impression que m'ont laissée plusieurs textes et plusieurs discussions)

Et puis, ici on nous dit: «Hey, l’éducation se portait bien avant que le gouvernement s'en mêle et les progrès qui ont été faits après les années 60 auraient été faits de toute façon, et peut-être plus efficacement». J’ai malgré tout une petite impression de déjà vu qui me rappelle certain penseur libéral:: « L'état n'est bon à rien, partout où il passe, il casse tout».

Mais malgré tout, la question se pose. Que serait devenue notre société si l'État n’était pas intervenu? Le progrès et la démocratisation qu'on attribue au rapport parent saurait-il fait tout de même? Et la question se pose encore aujourd'hui, lorsqu'on regarde le taux de décrochage que nous avons: est-ce qu’une école autonome par rapport au gouvernement se porterait mieux?