lundi 16 septembre 2013

L'instinct de survie contre les TDAH

"«Les TDAH, c'est la plus grande supercherie.» Guillaume Picard n'est pas psychiatre, il est tuteur scolaire. Il dit aux enfants : «Si tu fais tes devoirs comme il faut, on va aller jouer dehors.» Ça marche. Il a travaillé dans quelques familles où un enfant avait été étampé TDAH (trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité), comme on marque une vache au fer rouge. Tu auras des problèmes toute ta vie, mon garçon, aussi bien t'y faire tout de suite. Ou ma fille. Les parents acceptent ça, ils n'ont pas trop le choix, ça leur donne droit à des spécialistes. L'enfant devient un cas, il n'aime pas ça, il dérange. Il sent bien qu'il n'est pas à sa place." Suite de la chronique de Mylène Moisan du Soleil.

3 commentaires:

Michèle a dit…

Je trouve cet article très intéressant. En effet, bien que je n’y connaisse à peu près strictement rien, je pense tout comme Guillaume Picard que plusieurs enfants sont diagnostiqués avec un TDAH beaucoup trop facilement. C’est comme si les médecins s’empressaient de catégoriser l’enfant afin de pouvoir l’excuser de son comportement «différent». Ne serait-il pas simplement possible que le jeune manque de stimulation ? Qu’il n’arrive jamais à se concentrer parce que pendant la journée il ne cesse de penser au divorce de ses parents ? Ces derniers sont peut-être débordés avec leur travail, leur vie familiale et leurs activités, mais il est crucial d’aider son jeune à s’organiser pour être heureux à l’école. Je trouve les idées de M. Picard très intelligentes. Les enfants, comme il le dit si bien, ne se préoccupent pas de leur futur, et cela est tout à fait normal. En sachant qu’ils travaillent si fort pour un «savoir» qui ne leur servira qu’à leur ouvrir les portes des CÉGEP et des universités dans 10 ans, il est normal de ne pas se sentir motivé. 10 ans, c’est long, surtout dans la tête d’un jeune du primaire. Au contraire, être motivé par le fait d’aller jouer au hockey à la fin de la journée si l’école s’est bien passée peut donner au jeune le goût de travailler et de rester sur les bancs d’école jusqu’en secondaire 5.
Je ne suis par contre pas en total accord avec son idée d’augmenter graduellement la quantité d’enfant avec qui interagir pendant les stages. Je comprend son point, mais je trouve que de commencer directement avec une situation de classe complète amène l’universitaire à savoir d’emblée s’il s’y sent à l’aise. Ainsi, il peut déterminer s’il restera au bac en enseignement dès la première année, et non pas à la fin de ses études.

Anonyme a dit…

Il manque une donnée importante: c'est une évaluation psychologique qui donne un diagnostic de TDAH, pas un médecin qui voit un enfant grouillant. Le médecin reçoit des recommandations où l'aide pharmacologique peut être suggérée.

Peut-être que certains médecins prescrivent lorsque des soupçons, mais on ne peut pas parler de TDAH alors. Remettriez-vous en question la myopie et le port de lunettes quand la personne pourrait "juste" coller le livre sur son nez à la place ?

Catherine The-Jester a dit…

Des recherches ont été faites, et approfondies. Nous avons même des images des différences entre le développement de l'épaisseur du cortex d'un cerveau TDAH et un cerveau non TDAH avec l'âge. C'est une intermittence neurologique en sécretion de dopamine favorisant la concentration. Cela dit, un enfant TDAH n'est pas forcément l'enfant le plus paresseux de la classe, le plus stupide, le plus gâté, ou le plus turbulent ; c'est l'enfant qui a des difficultés autant au niveau scolaire qu'au niveau social à cause de son incapacité à rester concentré sur une tâche qui ne stimule pas son intéret. L'enfant a donc un double-mérite, pour ses efforts, s'il parvient à terminer son cheminent académique malgré les sceptiques souvent destructeurs pour son estime de soi. Je suis TDAH. Et je préfère être étiquetée TDAH que "paresseuse", "imbécile" ou "asociale". Les parents ayant un enfant diagnostiqué TDAH ne les ont pas forcément mal élevé non plus. Le TDAH n'est la faute de personne et rechercher un coupable à ce trouble neurologique est définitivement la marque d'un esprit étroit. J'ai alors espoir que si nous n'avons pas l'esprit ouvert à la différence, nous l'aurons au moins aux approches que nous offre la science sur le TDAH.