mardi 24 septembre 2013

Profs motivés, élèves gagnants

"Au Québec, environ un enseignant sur cinq abandonne le métier avant d'avoir atteint sa cinquième année sur le marché du travail. Une perte énorme sur les plans financier et humain, tant pour le système d'éducation que pour les individus qui décrochent. On connaît déjà plusieurs des facteurs les poussant à quitter le métier: précarité d'emploi, classes trop nombreuses, surcharge de travail, dévalorisation de la profession, milieu de travail hautement stressant. Mais qu'en est-il des facteurs psychologiques, de ce qui se passe dans la tête des enseignants? Johanne Patry a été enseignante en sciences au secondaire pendant 23 ans et conseillère pédagogique pendant 10 ans. Elle est maintenant directrice adjointe à la pédagogie au Collège Français de Longueuil. Récemment, elle donnait une conférence lors de l'événement TEDxMontréal sur un sujet qui lui tient à coeur, le décrochage des enseignants. «On se concentre beaucoup sur la persévérance scolaire des élèves, mais très peu sur celle des enseignants, dit-elle. Il y a non seulement les enseignants qui décrochent, mais il y a aussi ceux que j'ai baptisés les drop-in.»" Suite de l'article de Caroline Rodgers de La Presse.

"Parfois, j'ai du mal à garder mon calme quand je lis certains articles. Ma plus récente montée de pression est survenue à la suite de ce texte publié dans La Presse. Il rapporte les propos, parfois intéressants, de Johanne Patry, directrice adjointe à la pédagogie au Collège Français de Longueuil. Alors que cet article parle de décrochage des jeunes enseignants, je remarque qu'on oublie de mentionner, quant à moi, deux facteurs primordiaux par rapport à ce phénomène: la formation universitaire déficiente des enseignants et le fait qu'on ne devrait même pas avoir permis à certains de s'être rendus jusque là. Ces deux causes sont le reflet d'un système inefficace qui se reproduit et on n'en parle que très peu. Allez savoir pourquoi. " Suite du billet du professeur masqué.

2 commentaires:

Mireille_St-P a dit…

Le sujet de cet article m’interpelle particulièrement puisque je suis moi-même étudiante en enseignement. J’ai été assez choquée d’apprendre qu’au Québec, environ un enseignant sur cinq ne franchit pas le cap des cinq ans de métier. La plupart des futurs enseignants aiment l’interaction avec les jeunes, sont passionnés, et ont le désir de transmettre des connaissances. Ils sont aussi formés pour enseigner, dans plusieurs cas, diverses matières, et à diverses clientèles. Cela dit, savent-ils réellement ce qu’est que d’avoir une classe sous sa responsabilité et d’avoir une mission à accomplir vis-à-vis ses élèves année après année? L’auteure fait le parallèle entre la persévérance des étudiants et celle des enseignants, et le questionnement suivant m’est venu à l’esprit : Comment un enseignant démotivé peut-il servir de modèle à ses élèves?
Un autre point a particulièrement attiré mon attention, et c’est le fait que certains enseignants, n’ayants plus d’intérêt, restent à l’emploi en ne donnant que le strict minimum d’eux-mêmes. Selon l’auteure, la solution résiderait dans la formation continue et dans le partage avec les pairs, ce qui stimulerait le sentiment d’auto-efficacité. Je suis plutôt en accord avec cette idée car je crois que l’individualisme n’a pas sa place dans le milieu de l’enseignement, et que le perfectionnement et la collaboration, plutôt que l’isolement, pourraient prévenir la démotivation des nouveaux enseignants. C’est selon-moi de cette façon qu’il est possible de mettre en œuvre des projets dynamiques et des plans d’actions efficaces, adaptés aux enjeux contemporains.

Alaka a dit…

Madame Patry a dit en parlant des professeurs et je cite : «Ils manquent d'engagement et de ce que j'appelle la «générosité professionnelle». Quel beau constat! C’est dur le métier d’enseignant, oui, on l’a compris. Comptez le nombre de professeurs en dépression, vous verrez bien. Mais pourquoi? Au-delà de la pression que l’on exerce sur eux, on ne parle jamais du point qui selon moi est le plus important : le soutien. On attend d’eux qu’ils soutiennent leurs élèves dans le chemin de leur réussite, mais qui est là pour soutenir le professeur qui, le soir, doit conjuguer avec sa vie familiale et professionnelle?
Je suis une future enseignante au préscolaire et primaire et j’ai choisi ma carrière parce que pour moi, apprendre et redonner, c’est une passion. Seulement, j’ai beau avoir toute la passion du monde, elle me motive jusqu’à un certain point à faire mes travaux et mes lectures à l’école. Pourtant, lorsque vient le moment où je suis fatiguée et où l’énergie manque, c’est du soutien que j’ai besoin, des personnes pour me dire que je suis capable, pour m’éclairer. On peut bien me donner tout ce qu’il me faut pour avancer, mais si on ne m’épaule pas, ça ne donne rien! Eh bien, c’est la même chose pour nos professeurs. Parce qu’ils n’ont pas seulement besoin d’être rassuré, ils doivent aussi être accompagnés. Et ça, on en a un besoin criant de soutien pour le personnel enseignant dans nos écoles. Oui, ça fait peur! Et comme le Professeur Masqué le dit si bien, «... si on parlait de l'absence de moyens et de ressources pour permettre aux enseignants de travailler efficacement avec les élèves qu'on leur confie?» Pour ne nommer qu’un exemple, l’intégration des élèves «différents» dans les classes régulières, c’est quelque chose à gérer. Je ne dis pas que ce n’est pas bien, au contraire. Mais il faut savoir donner de l’aide au professeur pour accompagner ces élèves. Il en existe, oui, mais est-ce assez? Non. Comme le disait une professeure que j’ai récemment interrogée dans le cadre d’un travail pour l’université, c’est bien beau vouloir faire cheminer l’élève dans ses apprentissages, mais lorsqu’on ne sait pas comment s’y prendre et qu’on lui accorde le double de temps qu’on donne aux autres et qu’à la fin, les résultats ne sont pas là, c’est décourageant. Quand on ne sait pas ce qui est efficace et ce qui ne l’est pas pour cet élève, ça ne donne rien!
Alors, avant de proposer de «se ressourcer régulièrement en participant à des colloques, des ateliers de formation continue» comme le suggère Johanne Patry, il faudrait premièrement apprendre à écouter les enseignants. Leur apporter du soutien, des ressources, c’est de loin la meilleure motivation qu’on pourrait leur donner. Et tout ça, ce n’est qu’un point, il y en a d’autres comme le mentionne le Professeur Masqué. Ce n’est pas si compliqué d’enseigner quelque chose, mais comme je m’en rends bien compte à travers mes études, ça demande beaucoup de temps, d’organisation et de motivation. Après tout, les enseignants ne sont pas des robots, ils ne sont que de simples humains...