jeudi 24 octobre 2013

Les activités sociales à l'école, la priorité des jeunes

"Oubliez la motivation d'apprendre. Les jeunes se lèvent les matins d'école pour voir leurs amis, bouger et s'impliquer dans des activités parascolaires qui les passionnent. C'est notamment ce qui ressort des 250 témoignages récoltés dans la région de la Chaudière-Appalaches par une équipe de recherche sur la persévérance scolaire dirigée par le professeur en sciences de l'éducation du campus de Lévis de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR), Martin Gendron. En donnant la parole à des jeunes de 10 à 35 ans de différents profils ainsi qu'à des intervenants scolaires, M. Gendron a voulu identifier les raisons qui poussent au décrochage scolaire et, à l'inverse, celles qui incitent à rester sur les bancs d'école. Si les adultes impliqués dans le milieu ont répondu que les élèves allaient à l'école parce qu'ils étaient motivés à apprendre de nouvelles choses, les principaux intéressés ont plutôt expliqué qu'ils enfilaient leur sac à dos pour socialiser avec leurs camarades. «Ça lance clairement le signal aux intervenants que si le côté social n'est pas pris en compte, les jeunes ne seront pas disposés à apprendre», fait remarquer le chercheur, qui croit que l'environnement scolaire doit répondre à cette réalité. Celui-ci souligne également que les activités physiques et parascolaires, ce qui inclut les sorties spéciales, étaient au sommet des raisons énumérées par les élèves pour poursuivre leur parcours." Suite de l'article de Annie Mathieu du Soleil.

1 commentaire:

Margueryth a dit…

Les résultats de ces témoignages correspondent à la situation de plusieurs étudiants qui trouvent leur source de motivation dans les relations sociales, les sports et les activités parascolaires. Il est donc primordial d'offrir des moments privilégiés de relation sociale, notamment par des activités en équipe en classe, et d'offrir une gamme d'activités parascolaires pour répondre aux intérêts de tous les étudiants afin de les motiver à poursuivre leurs études.

Toutefois, cette recherche me fait prendre conscience que l'école traditionnelle ne correspond plus aux besoins de notre société changeante. En effet, le pourcentage de jeunes qui décrochent avant d'avoir terminé des études secondaires montre que l'école ne réussit pas à mettre en place une diversité d'activités suffisantes pour répondre aux besoins de tous les étudiants. Alors, il est temps d'envisager de répandre le concept d'écoles alternatives, parce que celles-ci permettent d'allier tous les motifs de motivation scolaire émis par cette étude avec les disciplines scolaires. En effet, les écoles alternatives axent sur les intérêts des étudiants, puisqu'ils peuvent choisir d'explorer leurs propres intérêts tout en acquérant le contenu des matières disciplinaires à leur rythme. De plus, les apprentissages se font sous la forme de projets pédagogiques dans lesquels les étudiants sont responsables et autonomes. Ils peuvent donc s'entraider et travailler en équipe, favorisant l'aspect de socialisation que les étudiants exposent comme un facteur de motivation.

La motivation repose sur la perception de la valeur de l'activité, la perception de compétence et la perception de contrôlabilité. L'école traditionnelle impose souvent des projets définis à l'avance, enlevant l'aspect de contrôle de l'étudiant sur ses apprentissages. Ces projets peuvent ne pas correspondre aux intérêts personnels et aux compétences des étudiants. L'école alternative permet aux étudiants de choisir des projets qui ont de la valeur pour eux et pour lesquels les élèves se sentent compétents ainsi que de combiner les intérêts des étudiants et la socialisation au profit des apprentissages et de la motivation. Le meilleur plan d'action pour contrer le décrochage scolaire est de placer entre les mains des étudiants leur propre réussite afin de les motiver à persévérer.