mercredi 13 novembre 2013

Lettre à la ministre de l'Éducation

"Le 31 août dernier était la dernière journée durant laquelle on pouvait signer sur le site de l’Assemblée nationale une pétition lancée en ligne qui demandait l’interdiction, dans les écoles du Québec, des pédagogies et des techniques aux effets non encore éprouvés ou présumés néfastes. Avec plus de 500 personnes, j’ai avec enthousiasme signé cette pétition – je précise que ce n’est pas moi qui l’avais initiée. ll me semblait en effet, et me semble encore, plus que raisonnable de demander que des pratiques à l’efficacité non démontrée, des pratiques qui ne sont pas approuvées par le ministère ou, pire encore, des pratiques qui sont jugées à risque par des organismes qui étudient les sectes, soient exclues de nos écoles. Le 5 novembre dernier, votre ministère, dans une missive signée de votre nom, a répondu à tous les pétitionnaires. Cette réponse, je dois le dire, me déçoit énormément – même si elle ne me surprend pas vraiment. Permettez-moi d’expliquer cette double réaction. La réponse – que sans doute vos fonctionnaires ont préparée pour vous la faire signer – ne me surprend pas parce qu’elle est tout imprégnée de cette pensée bureaucratique qui fait que le MELS ressemble de plus en plus à la maison qui rend fou que nous a fait connaître Astérix. Votre réponse, Madame, en tout respect, votre réponse à une inquiétude profonde et légitime, c’est, rédigé en educando (cette langue qui interdit de penser) un copié-collé du formulaire B-12, version 4, corrigeant par arrêté du 3 novembre 1999 la section 3 du formulaire B-11. En un mot, traduite en français, cette réponse nous dit: il y a des mécanismes et des instances prévus pour rendre des décisions sur ces questions, en l’occurrence, le conseil d’établissement; ces conseils, conformément aux dispositions de la Loi sur l’instruction publique, ont pris des décisions et exercé leur liberté de choisir ce qui leur semble bon pour les élèves; ainsi légitimées, ces décisions doivent être respectées. Nous nous en lavons donc les mains et n’avons aucun jugement à porter, ni mesure à prendre." Suite du billet de Normand Baillargeon de Voir.

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