samedi 11 janvier 2014

Charte : Québec ignore l'avis d'un comité du milieu de l'éducation

"Le gouvernement Marois fait la sourde oreille à la recommandation d'un comité du ministère de l'Éducation visant à réaliser une étude sur les effets possibles de sa Charte des valeurs sur le réseau scolaire. Dans son rapport annuel déposé en décembre et passé sous le radar, le Comité sur les affaires religieuses observe que «le projet d'interdire le port de signes religieux ostentatoires par le personnel de l'État durant les heures de travail suscite de nombreux débats et des prises de position souvent tranchées dans l'espace public». «Ces réactions, poursuit-il, laissent croire qu'il serait prudent d'essayer de prévoir les effets, dans le milieu scolaire, de l'application d'une telle règle aux enseignants et enseignantes des écoles publiques.» Il souligne que «plusieurs intervenants ont fait valoir que [...] des enseignantes ou enseignants de différentes confessions se verraient contraints de faire un choix déchirant entre leur emploi et leurs convictions profondes». Il recommande donc à la ministre de l'Éducation, Marie Malavoy, de faire une étude sur les effets possibles de la Charte avant son adoption. La Presse a tenté à plusieurs reprises d'avoir les commentaires de Mme Malavoy. Un porte-parole s'est contenté de dire que le gouvernement n'est pas obligé de consulter ce comité ni de suivre ses recommandations". Suite de l'article de Tommy Chouinard de La Presse.

2 commentaires:

Patrick a dit…

Plusieurs éléments qui suscitent beaucoup de questionnements et d’émotions dans cet article… Premièrement, je comprends le Comité des affaires religieuses d’avoir souhaité être consulté sur le principe de la Charte et ses conséquences dans le monde de l’éducation, mais en même temps, la Charte de la laïcité est un concept encore plus grand que les quatre murs d’une école. La Charte a comme objectif de réguler le port de signes religieux à l’intérieur de la fonction publique, peu importe si vous êtes infirmier ou enseignant. En ouvrant la porte au comité des affaires religieuses, ne serait-ce qu’à des fins consultatives, on ouvrirait aussi la porte aux autres groupes ou autres ministères et ce, sous divers prétextes. Dans ce cas-ci, « […] des enseignantes ou enseignants de différentes confessions se verraient contraints de faire un choix déchirant entre leur emploi et leurs convictions profondes». Oui et après ? Nous avons entendu le même refrain à TVA lors du projet sur la laïcité, lorsque des infirmières de confession musulmane ont fait une sortie en règle contre les principes de la Charte. Elles ont même été jusqu’à menacer de quitter le Québec au profit de l’Ontario ! Probablement que ce sera même ce prétexte (pour ne pas dire « menace ») qui fera plier éventuellement notre gouvernement sur cette question. De toute façon, je ne suis pas certain que le Québec serait si perdant que cela si nous avions à perdre cette main-d’œuvre. Personnellement, je prendrais cette chance. En tant qu’enseignant, je ne suis pas intéressé non plus à exercer mon métier aux côtés de collègues, qui par leur discours, leurs vêtements ou ports de signes religieux, viennent biaiser la vision dont le Québec s’est doté il y a plusieurs années dans le monde éducatif : Un enseignement laïc. Nous avons fait le choix de séparer la religion de l’état et c’est une bonne chose dans une société qui préconise l’égalité et l’accès aux services publics pour tous. En tant que parent, je ne suis pas intéressé non plus à ce que mon enfant ait une instruction « teintée » de religion. Les croyances sont personnelles et les parents gèrent cet aspect à la maison selon moi. En tant que mari, je ne suis pas intéressé non plus à ce que ma conjointe se voit retarder par un agent du service à la clientèle du Ministère du revenu, car ayant une femme comme cliente, en plus de ses convictions religieuses, il ne voudrait pas la servir. Bref, Je suis heureux de voir que le gouvernement actuel a enfin décidé de tracer une ligne (quoique un peu tard à mon avis). Malheureusement, une minorité de la population s’avère très démagogue ou bien ne comprend pas le principe de la Charte : cette dernière n’empêchera pas les gens de pratiquer leur religion, elle encadrera le port de symboles religieux. On utilise donc un mauvais argument pour justifier une prise de position. Le Québec ouvre le chemin, gardez l’œil ouvert !

Patrick a dit…

On aurait dû lire comme première phrase : "Ce texte m'a ébranlé, autant sur le plan de la citoyenneté québécoise que dans mon emploi au sein de la fonction publique."