samedi 8 février 2014

Dépassée, l’écriture manuelle ?

"Mon fils de quatre ans fréquente Passe-Partout, un programme d’éducation préscolaire mis en place par le gouvernement québécois. Lors d’un atelier, je fus surpris d’apprendre que des débats avaient lieu dans les écoles du Québec, et ailleurs dans le monde, sur la nécessité ou non de préserver l’enseignement de l’écriture cursive, aussi appelée «lettres attachées», voire de l’écriture manuelle. Certains souhaitent conserver l’écriture « script » (caractères d’imprimerie), plus près de celle des claviers d’ordinateurs ; de surcroît, selon plusieurs, il serait plus pertinent d’enseigner le maniement des claviers que l’écriture manuelle. […]  Aux États-Unis, quelque 45 États ont fait le choix de n’enseigner que l’écriture « script »; et passé la première classe, elle ne sera plus obligatoire. «À la place, les élèves utiliseront des logiciels de traitement de texte tels que Word afin de maîtriser le clavier dès la fin du primaire.» Là-bas, une majorité de professeurs du primaire consacre une heure et moins par semaine à l’enseignement de l’écriture manuelle. Pourquoi? Parce que les jeunes n’ont plus besoin de savoir écrire manuellement, tout se passe sur le clavier de l’ordinateur, ou sur le clavier «qwerty». La preuve? Quand avez-vous écrit votre dernière lettre à la main? En outre, chez nos voisins du Sud, les fabricants de logiciels et d’autres produits informatiques déploient beaucoup d’efforts en ce sens. Alors, pourquoi continuer à enseigner l’écriture cursive, difficile à apprendre, très différente de l’écriture  «script» ? Et pourquoi enseigner l’écriture manuelle, dans ce monde «full techno» où le téléphone «intelligent» est devenu un prolongement de la main dans les jeunes générations?" Suite de la lettre d'opinion de Dominique Comtois parue dans Le Devoir.

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