jeudi 20 février 2014

Leçons sur les devoirs

"À l’automne 2013, la revue The Atlantic a publié un savoureux article qui faisait tout à la fois sourire et méditer. L’auteur, Karl Taro Greenfield, y racontait l’expérience qu’il avait tentée et péniblement menée à  terme: faire, pendant toute une semaine, les devoirs qui étaient assignés à sa fille de 13 ans, qui fréquente une école sélective (...): soirées interminables (trois heures par soir en moyenne, sans compter les fins de semaine); travaux souvent ardus et complexes; exigences très, trop élevées. Tout cela a fait de ces devoirs, pour Greenfield, ce qu’ils sont depuis longtemps pour sa fille: une expérience plutôt pénible. Et lorsque le papa avait l’impression que ce qu’il faisait n’avait pas beaucoup de sens, sa fille lui répétait le triste motto avec lequel elle fait ses devoirs: «Memorization, not rationalization», autrement dit: mémoriser, sans chercher à comprendre. Je soupçonne que pour bien des élèves et pour bien des parents, au Québec, les devoirs constituent aussi une expérience plutôt désagréable, même si elle ne l’est pas autant que celle rapportée dans l’article de The Atlantic. Je me suis donc demandé ce que dit la recherche crédible à ce sujet et quels enseignements on devrait en tirer dans le réseau scolaire. J’ai eu quelques petites surprises. Voici donc quelques-unes de ces leçons sur les devoirs que j’ai apprises." Suite de l'article de Normand Baillargeon paru dans À Bâbord et Voir.

1 commentaire:

Vladz a dit…

Cet article m’interpelle car il rejoint l’opinion que j’ai sur les devoirs et les leçons, notamment au niveau primaire. J’ai toujours pensé qu’un devoir se devait d’être un résumé des apprentissages de la journée et non un complément des apprentissages. Comme la réalité des enfants et des parents est bien différente d’une famille à l’autre, il est important que les devoirs ne deviennent pas une source de stress pour l’enfant et pour le parent. Il devrait y avoir des devoirs seulement lorsque le besoin se présente, par exemple pour faire un apprentissage par cœur nécessaire à l’acquisition d’une compétence. Le devoir ne doit pas devenir une norme hebdomadaire car je considère que les journées de « travail » de nos jeunes sont déjà suffisamment longues et remplies. S’il faut en plus que nous prolongions leurs travaux jusqu’à l’heure du coucher, je crois que le devoir devient alors un irritant avec des effets plus néfastes que bénéfiques. Comme je le mentionnais plus haut, le devoir peut aussi devenir une source de stress pour le parent devant assister son enfant dans la résolution d’un problème. Au-delà des limites en lien avec le niveau de scolarité des parents, il faut aussi prendre en considération tous les changements en rapport avec la nouvelle pédagogie, la nouvelle grammaire et les autres sujets possiblement inconnus des parents. Le devoir devient alors une source potentielle de conflit entre l’adulte et l’enfant avec, là aussi, de nombreux effets pervers. En résumé, je crois que le devoir doit être utilisé au besoin, pour le primaire, dans le but de réviser les apprentissages de la journée mais non dans le but de faire de nouveaux apprentissages. Il ne doit pas devenir une source de stress pour l’adulte et pour l’enfant et ne doit pas prolonger inutilement la journée déjà bien remplie de l’élève si l’on souhaite qu’il soit efficace.