jeudi 20 février 2014

Soutenir les enseignants débutants

"Comment aider les enseignants débutants à réussir leur entrée dans le métier? «Les stages pendant la formation leur permettent certainement d'acquérir un bagage pédagogique qui favorise une insertion professionnelle réussie, répond la professeure Colette Gervais. Mais ils ne suffisent pas à garantir une entrée sans faille. Sans accompagnement, l'apprentissage ardu des rouages de la profession incite parfois les nouveaux enseignants à abandonner la carrière.» Même si elle est retraitée de la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université de Montréal, Colette Gervais est bien au fait des difficultés que vivent les nouveaux enseignants du primaire et du secondaire. À titre de chercheuse universitaire, elle a mené de nombreuses recherches sur le sujet. Elle a aussi été, pendant plus de 20 ans, responsable des nombreux stages effectués chaque année par les étudiants de premier cycle des divers programmes de formation en enseignement de la faculté. À son avis, le fait que les recrues se voient souvent assigner des bouts de tâches qui les amènent à enseigner plusieurs matières, à des élèves de différentes classes et parfois même dans plusieurs écoles n'est pas étranger au problème. «Ces jeunes enseignants doivent consacrer plus de temps à la gestion de classe et à la préparation des cours au détriment des réels apprentissages, signale Mme Gervais. Ils finissent rapidement par éprouver un sentiment d'efficacité personnelle moindre que les enseignants expérimentés. Dans certains cas, on leur confie même les groupes les plus difficiles. Jamais on ne donnerait à un avocat novice un dossier ultra complexe. C'est pourtant ce qui se fait dans le milieu de l'éducation.» Après quelques années de pratique, caractérisées par la prise en charge de groupes «à problème» ou par de continuels changements de tâches et de milieux scolaires, les débutants sont épuisés à force de s'adapter aux multiples situations nouvelles. Las, ils décrochent! «En tenant compte de la déperdition, certains disent qu'il en coûte plus cher de former des enseignants que des médecins!» lance Colette Gervais. Pire encore: le métier n'attire plus. Ainsi, les écoles peinent à avoir des suppléants tellement le nombre d'enseignants disponibles diminue." Suite de l'article de Dominique Nancy de UdeM Nouvelles.

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