samedi 15 mars 2014

Pourquoi pas 40% au lieu de zéro ?

"Une décision prise par la direction suscite beaucoup de grogne chez les enseignants d’une école secondaire de la Rive-Nord de Montréal. Ceux-ci n’ont pas apprécié qu’à l’approche du 2e bulletin, on leur demande de ne pas mettre zéro mais plutôt 40% à leurs élèves qui ont échoué dans la matière qu’ils enseignent. «La direction nous intimide depuis le début de l’année. On nous impose certaines décisions en pleine contradiction avec la Loi sur l’instruction publique. L’évaluation, c’est la prérogative de l’enseignant», a dit une prof de l’école Horizon, à Repentigny, préférant garder l’anonymat. D’après la Politique d’évaluation des apprentissages, adoptée par le ministère de l’Éducation, l’évaluation appartient aux enseignants. Ceux-ci doivent toutefois pouvoir expliquer la note qu’ils attribuent à un élève par un nombre suffisant de travaux et d’examens." Suite de l'article de Lisa-Marie Gervais du Devoir.

1 commentaire:

Benoit Langlois a dit…

D’entrée de jeu, je dois mentionner que cet article m’a royalement choqué. J’éprouve une grande difficulté à comprendre et à entrevoir une situation qui légitimerait qu’un enseignant attribue la note 0 sur le bulletin d’un élève. Comment est-ce possible? J’ai tenté de me faire l’avocat du diable, mais en vain.
En effet, j’ai scruté la loi sur l’instruction publique afin de mieux comprendre les possibilités. J’ai d’abord lu les droits de l’enseignant. Il est écrit noir sur blanc qu’un enseignant a le droit : «de choisir les instruments d’évaluation des élèves qui lui sont confiés afin de mesurer et d'évaluer constamment et périodiquement les besoins et l'atteinte des objectifs par rapport à chacun des élèves qui lui sont confiés en se basant sur les progrès réalisés.» J’en conclu qu’un enseignant, pour mettre un zéro sur un bulletin, a évalué constamment et périodiquement l’atteinte des objectifs d’un élève et ce dernier, dans aucun cas, n’a réussi à obtenir ne serait-ce que quelques maigres points. Particulier, n’est-ce pas?
Dans la partie de la loi sur l’instruction publique portant sur les obligations de l’enseignant, la loi stipule : «qu’il est du devoir de l’enseignant de contribuer à la formation intellectuelle et au développement intégral de la personnalité de chaque élève qui lui est confié.» Je ne peux pas m’empêcher d’en venir à la conclusion qu’un enseignant qui inscrit un zéro sur le bulletin d’un élève n’a pas tenu son obligation de contribuer à la formation intellectuelle de ce même élève, car celui-ci n’a supposément démontré aucune acquisition.
Donc, en se basant sur la loi, la possibilité de mettre un zéro sur le bulletin d’un élève s’avère être inexistante. Je crois sincèrement que cette situation n’est que le reflet d’un problème virulent vécu dans plusieurs établissements d’enseignement au Québec. Je crois que les enseignants auraient avantage à obtenir une vision partagée à l’égard de l’évaluation.