mercredi 16 avril 2014

Outremont : les «bollés» courtisés par une école publique

"Entourée des collèges privés les plus prestigieux de Montréal, l'école secondaire publique Paul-Gérin-Lajoie-d'Outremont prend les grands moyens pour attirer sa part de «p'tits vites»: la direction a conçu un programme destiné aux élèves doués, a appris La Presse." Suite de l'article de Catherine Handfield de La Presse.

1 commentaire:

Renée Belzile a dit…

Cette lecture suscite en moi de l'inquiétude. Je suis tout à fait d'accord avec le fait que les élèves doués aient besoin d'une structure adaptée à leurs besoins. Ce qui me questionne, c'est la façon dont ce programme nous est présenté. L'auteure semble mettre les élèves doués et les élèves ayant de bons résultats scolaires dans le même «panier». Afin d'être diagnostiqué «doué», un enfant doit avoir été évalué par un professionnel qui se servira de tests standardisés afin de rendre son diagnostic. Il faut évaluer plusieurs caractéristiques avant de qualifier un enfant de douance.

L'enfant doué peut avoir un haut potentiel académique ou créatif. Par contre, il n'a pas nécessairement de bons résultats scolaires comme au contraire, un enfant ayant de bons résultats scolaires n'est pas nécessairement doué.

Est-ce que le fait de voir les programmes scolaires en accéléré pour faire place à des projets sont des stratégies gagnantes pour ces élèves? Ces activités ne sont pas de nouvelles stratégies, les projets se retrouvent dans toutes les classes depuis le renouveau pédagogique. Est-ce qu'on tiendra compte des particularités de chacun des individus avec ses forces et ses différences, et ce, mieux que dans un programme régulier?

J'espère qu'il ne s'agit pas d'une façon d'attirer les parents qui en ont marre que leur enfant «bollé» soit dans la même classe que ceux qui ont des troubles d'apprentissage et de comportement. Je sais que les écoles publiques s'arrachent la clientèle scolaire. En tant qu'enseignante au secondaire, je ne suis pas très favorable à catégoriser les enfants dès le jeune âge, dans des programmes élitistes et par le fait même, leur donner des classes sociales avant même qu'ils en soient conscients. Je considère comme une atteinte à la biodiversité de nos écoles publiques d'y arracher l'élite, ce qui a comme conséquence, à mon avis, de créer des ghettos et des préjugés. Une école ne peut-elle pas offrir un programme d'activités captivantes pour tous ses élèves sans égard au QI de ceux-ci? Un enfant reste un enfant. C'est ma vision de l'école...