jeudi 3 juillet 2014

Jean Garon (1938-2014), ministre de l'Éducation pendant 16 mois

"Jean Garon n'aura été ministre de l'Éducation que 16 mois, de septembre 1994 à janvier 1996, mais il aura tout de même réussi à y laisser sa marque. Même s'il était «la bête noire» de certains acteurs du milieu de l'éducation, il a tout de même réalisé de «bons coups», affirme Jean Bernatchez, professeur en administration scolaire à l'Université du Québec à Rimouski (UQAR). C'est lui qui a démarré le processus des États généraux sur l'éducation et qui a donné «un caractère démocratique et élargi» à cette vaste opération, souligne-t-il. M. Garon a par ailleurs fait adopter la loi 95, qui a obligé les recteurs à divulguer leurs salaires et autres avantages financiers. Plutôt que de réduire le programme de prêts et bourses, M. Garon a voulu «commencer par le haut» et «il a fait un bon ménage de ce côté», estime M. Bernatchez. C'est aussi Jean Garon qui a renégocié les taux d'intérêts des prêts étudiants, ce qui a permis d'économiser 30 millions $. «On n'en retrouve pas beaucoup aujourd'hui, des ministres qui tiennent tête aux banques», affirme le professeur de l'UQAR. Jean Garon aura été l'allié des étudiants jusqu'à la fin, puisqu'il a pris position pour la gratuité scolaire pendant le conflit étudiant en 2012. Avec son projet d'université autonome à Lévis, qui a suscité une levée de boucliers dans l'Est-du-Québec, Jean Garon a par ailleurs semé l'idée d'un campus universitaire sur la Rive-Sud, un projet qui a par la suite été concrétisé par l'Université du Québec à Rimouski. Même si son style de «défonceur de portes ouvertes» n'a pas plu à tous, M. Bernatchez estime que le passage de Jean Garon à la tête du ministère de l'Éducation a été «plutôt positif». Il a travaillé «pour le bien commun» de façon «honnête et convaincue», conclut-il." Suite de l'article de Daphnée Dion-Viens et Annie Morin du Soleil et source de la photo.

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