mardi 5 août 2014

Les maudites moyennes

"Pendant pratiquement tout mon parcours scolaire, j’ai été conditionné à préférer la bonne note à l’apprentissage. Et, aujourd’hui, je me demande s’il y a moyen de ne pas propager le même esprit de comparaison dans les classes. C’est peut-être juste une période. Mais, j’ai véritablement un mépris grandissant pour les moyennes, les rangs centiles ou cinquièmes et n’importe quel autre outil qu’on utilise pour classer les élèves entre eux. Donne-moi ton rang centile et je te dirai ce que tu es. Ah ! Mais, je ne dis pas ça parce que je n’ai jamais cru en ces outils. Bien au contraire, ils m’ont rendu malade. Au secondaire, au cégep, puis finalement, j’ai réussi à m’en débarrasser durant mes dernières années d’université. Or, les séquelles sont difficilement réversibles. Je suis certain que ça me réveille la nuit. Je me réveille pour les mépriser. Je ne haïs pas tant le concept que ce qu’il représente. On se console en encourageant les élèves à faire des erreurs et que celles-ci sont fondatrices de leur processus d’apprentissage. Toutefois, on les amène à se dénigrer eux-mêmes quand ils en font trop. « Madame, votre enfant est moyen. » La mentalité du système scolaire devrait être la même qu’un bon joueur de golf : tu joues contre toi-même. Il faut que tu développes le maximum de tes capacités et que tu dépasses les limites que tu t’étais toi-même imposées. C’est par rapport à toi que tu te compares, pas par rapport aux autres. Mais, ce n’est pas le cas. " Suite de la lettre d'opinion de Yan Ménard parue dans La Presse.

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