samedi 16 août 2014

Plaidoyer pour un nouvel humanisme dans l’école

"Dans le temps, nous apprenions le grec et le latin parce que ces matières n’étaient pas utiles à quelque chose en particulier. Quand nous demandions à quoi cela pourrait servir, nos professeurs nous répondaient que c’était une « gymnastique de l’esprit ». Quelque chose comme la recherche libre et désintéressée de nourritures intellectuelles. Quarante ans plus tard, à l’aube de l’an 2000 et en guise de préambule à la Réforme, le ministère de l’Éducation a décidé de faire le ménage des «petites matières». Cela a entraîné notamment la disparition du latin et du grec au seul motif que ces matières n’étaient pas utiles à quelque chose en particulier. Autres temps, autres moeurs. À leur place, on fit entrer dans l’école « l’approche par compétences » (APC) en la détournant de son sens originel restreint à la formation professionnelle aux États-Unis. Elle devint le véritable cheval de Troie du paradigme utilitariste. Désormais, l’acquisition de connaissances n’aura de sens et de légitimité que dans la mesure où elle servira à quelque chose, en l’occurrence à favoriser la maîtrise de «savoirs-agir» (compétences). Et du jour au lendemain, l’enseignant se vit contraint de justifier et de dégager la portée pratique des apprentissages qu’il proposait à ses élèves. Relire à ce sujet l’édifiant « Programme de formation de l’école québécoise » (ministère de l’Éducation, 2000)." Suite de la lettre d'opinion d'Antoine Baby parue dans Le Devoir.

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