lundi 6 octobre 2014

Écoles privées : la fin d'un tabou

"C’est fou, je ne pensais pas entendre une chose pareille de mon vivant. Je n’aurais jamais cru qu’un gouvernement s’attaquerait à la vache sacrée des vaches sacrées: les subventions à l’école privée. Quand j’osais, je dis bien osais, demander à Lucien Bouchard, Bernard Landry ou Jean Charest s’ils remettaient en question les subventions à l’école privée, ils me regardaient du haut de leur poste de premier ministre comme si je débarquais de la planète Mars, puis ils laissaient tomber un non ferme, les lèvres pincées. Pas question de toucher à ce dossier. Tabou. Depuis quelques années, ce refus obstiné a connu des ratés. La première brèche est apparue en 2010 quand la ministre libérale de l’Éducation, Line Beauchamp, a dit qu’elle était prête à «bousculer» les écoles privées en les obligeant à intégrer davantage d’élèves en difficulté. Deux ans plus tard, la ministre Marie Malavoy a affirmé que les écoles privées perdraient leurs subventions si elles continuaient d’imposer des examens d’admission. Elle voulait mettre fin à la sélection des élèves si chère à plusieurs écoles privées. Mais Pauline Marois a tué l’initiative dans l’œuf en s’empressant de dire que c’était une «hypothèse» à ce «moment-ci». Le projet est mort-né. Deux avertissements en deux ans de deux gouvernements différents, un libéral et un péquiste. Les écoles privées étaient en train de perdre leur statut d’intouchable. Aujourd’hui, Québec envisage sérieusement de baisser les subventions aux écoles privées d’au moins 50%. On ne parle plus de brèche, mais de trou béant." Suite de l'éditorial de Michèle Ouimet de La Presse.

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